Cette idée séduisit Jean Mineur. Depuis dix ans en effet, infailliblement, le petit mineur atteignait le coeur de la cible. Les spectateurs pouvaient commencer à se lasser de cette réussite permanente, alliée à un scenario immuable.De plus, la publicité était, à l'époque, diffusée à l'entracte, entre la première partie (dessins animés, actualités, cours métrages...) et le grand film. Il importait donc de maintenir les spectateurs en place et de les inciter à regarder la publicité.

VacheCe dessin de Sempé est à l'origine d'une demi-douzaine de variantes, mettant en scène le petit mineur dans différentes aventures. La plus connue d'entre elles, exhumée par "La dernière séance" d'Eddy Mitchell durant les années 80, présente le petit mineur pourchassé par une vache, qui reposait derrière la cible et dont il troubla la quiétude en envoyant son pic dans la cible !

Bitter4La deuxième évolution significative trouva, en 1968, son origine dans l'arrivée annoncée de la publicité commerciale à la télévision française. Cette perspective, inquiétante pour son activité, incita Jean Mineur à accepter, pour la première fois, que le petit mineur devienne l'ambassadeur d'une marque autre que la sienne propre. L'élu fut une boisson apéritive non alcoolisée : San Pellegrino. Comme on le sait, cette évolution donna, depuis, lieu à de nombreuses unions entre le petit mineur et des marques.

M70Troisième modification, plus radicale. Le petit mineur disparut quasiment des écrans pendant dix années, de 1971 à 1982, suite à la fusion de la société de Jean Mineur avec celle de son concurrent. Lorsqu'il revint sur les écrans en 1982, il fut décidé de modifier le décor dans lequel il évoluait. Evocateurs dans les années 50, les terrils et chevalements du Nord minier inscrivaient par trop, au début des années 80, le petit mineur dans le passé. Il fut alors présenté dans un décor épuré, sans référence spatiale ou temporelle d'aucune sorte.

M82Enfin, sa cinquième évolution le vit abandonner, après près de cinquante ans de loyaux services, le dessin animé au profit d'images réalisées par ordinateur. Un nouveau générique apparut en mars 1998, résolument moderne et inscrivant plus encore le petit mineur dans l'univers du cinéma, puisqu'on le voit pénétrer dans une salle de cinéma en surfant et lancer son pic au travers de la fenêtre de la cabine de projection. Délicat dosage entre le passé, soigneusement conservé au travers du personnage et de ses principaux attributs (pic, lancer dans la cible...) et l'avenir, ce générique nous régale depuis près de dix ans.

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